Le funiculaire souterrain vous transporte presque au
sommet de la montagne en passant devant la reconstitution
grandeur nature de l'"Ursus Spelaeus". La visite
guidée se poursuit dans un véritable dédale de salles
aux noms évocateurs : salle "du manteau royal " chère
à l'écrivain surréaliste André BRETON dans son roman
"l'amour fou", de la "salle à manger" des pionniers
et premiers explorateurs ...pour déboucher comme sur
un belvédère au-dessus de "la cathédrale des abîmes".
Le parcours emprunte, en toute sécurité,
les traces des découvreurs : par "le pas
du diable" et descend au cur de la grande
salle à 70 mètres sous le niveau du plateau
du Thaurac.
Les légendes des "fées ou demoiselles",
les anecdotes, les récits des découvertes
scientifiques les plus récentes en matière
de milieu souterrain naturel et de spéléologie
vous accompagnent en passant entre les gigantesques
coulées stalagmitiques comme les "grandes
orgues", les hautes colonnes parfois translucides,
et les stalactites étincelantes qui constellent
la voûte, 52 m au-dessus de nos têtes. Le
spectacle est total.
De balcons harmonieusement distribués en passerelles
hardiment lancées au -dessus du vide, où
flotte parfois une légère brume, la visite
vous réserve, une heure durant, une véritable
émotion grandeur nature.
Le funiculaire vous reconduit ensuite sur la terrasse
panoramique entourée d'un jardin au 160 espèces
de la flore méditerranéenne et exotique
dominant la haute vallée de l'Hérault.
L'émotion Grandeur Nature
Dans la haute vallée de l'Hérault, entre
la Méditerranée, les garrigues et les
Cévennes côté sud, le massif du
Thaurac sert d'écrin à la Grotte des Demoiselles.
Au pied de sa falaise haute de plus de 80 mètres,
la Société des Sites et Monuments du Languedoc
Méditerranéen décida en 1929, de
percer un tunnel dans la montagne et d'y construire
un funiculaire, pour permettre au plus grand nombre
de découvrir cette merveille de la nature. Celui-ci,
long d'environ 160 mètres et sur une pente de
36% vous conduit depuis lors, sans effort physique,
dans la grotte elle-même. Jusqu'à cette
date, on y pénétrait par une entrée
naturelle, un trou béant (l'Aven) situé
sur le plateau.
Affiche PLM : la Grotte des Demoiselles
Affiche de la Grotte des Demoiselles pour le PLM (1931)
par Joseph de la Nézière (Ci-contre)
L'imagination des paysans et des premiers téméraires
du pays avait peuplé la caverne d'êtres
fantastique et de créatures mystérieuses,
l'appelant "la bauma de las fadas, de las damiselas"
; ce qui signifie en langue d'Oc la grotte des fées
ou demoiselles. Une des légendes sur l'origine
de ce nom a traversé les siècles pour
nous ; celle d'un jeune berger, appelé Jean,
parti à la recherche d'une brebis égarée
et qui, victime d'une chute, retourna au village en
racontant qu il avait vu des milliers de fées
dansant autour de lui.
Ce bloc montagneux est un horst soumis à une
forte compression qui a plissé en profondeur
les assises plus plastiques de l'Oxfordien et du Raucarien,
tandis que les couches supérieures du Kiméridgien
et du Tithonique, plus massives, réagissaient
en se déversant et en se cassant.
Géologie
Outre les grandes failles marginales qui limitent le
Thaurac au-dessus des bassins crétacés
de Ganges et oligocènes de Montoulieu, d'autres
cassures ont disloqué probablement la masse interne
calcaire.
C'est aux dépens d'un bloc intermédiaire
où les fentes avaient été multipliées,
que les eaux de percolation ont pu aisément pourrir
la masse ainsi brisée jusqu'au moment où,
ayant dissous la roche, elles se sont éclipsées
brusquement par un puits s'ouvrant plus bas: il s'est
produit alors un affaissement gigantesque analogue à
une ampoule qui crève, qui a ouvert l'immense
vide de la grande salle de la Vierge. Les galeries qui
lui sont superposées, sont liées à
la corrosion, à l'intersection des diaclases
et des joints de stratification. L'Aven qui s'ouvre
à 530 mètres sur le plateau, au lieu d'être,
comme on l'a admis longtemps, la forme initiale par
où toutes les eaux se seraient englouties, ne
serait que le résultat d'un épisode final
d'affaissement, la percolation s'étant faite
par une infinité de fissures.
La preuve en est administrée par l'éboulis
étalé au bas de ce puits et dans la masse
duquel on a trouvé des andouillers attribués
à un cervidé mégacéros,
dont les fossiles ont été repérés
dans les tourbières de l'Islande, et datent vraisemblablement
du quaternaire. Il est intéressant de noter que
dans la salle du vestibule, au bas de l'Aven, sur le
talus d'éhoulis, s'est dressée une audacieuse
colonne de stalagmite.
On a trouvé, en outre, dans la Grotte des Demoiselles
une intéressante faune cavernicole : coléoptère
bathysciné, le diplopode, l'opilion et le pseudoscorpion.